Orange². Ariane Carmignac

Orange au carré ! Des fragments d’antiques, vus à travers le filtre monochrome d’une certaine contemporanéité. Une exposition de photographies proposée par Ariane Carmignac, du 16 septembre au 30 octobre.

Vernissage vendredi 23 septembre à partir de 18h.

Glanes et grappilles (pommes d’or)

Parmi des morceaux d’architecture peints en trompe-l’oeil, des jardins imaginaires — jardins urbains, bucoliques ou mythologiques — ornaient souvent les parois des belles demeures gallo-romaines à fresques, à l’imitation de l’Italie. En cet « été indien », sous les voûtes gothiques d’un ancien atelier provençal, où s’exposent, sous le signe de l’orange, toutes les réalisations inspirées ici par ce thème, des reproductions de clichés anciens glanés viennent faire écho aux décors antiques, où dominait, avec des variations, celui du jardin des Hespérides : la quête d’un fruit divin inconnu, aux couleurs du soleil couchant, rapportée par le mythe.

Ni la ville d’Orange, aux armoiries pourtant ornées fièrement de trois oranges, ni le nom même de l’orange ne remontent vraiment à l’origine de ce fruit, qui se perd dans la nuit des temps, en des terres très orientales. Le hasard de l’homonymie a servi le fantasme, grâce à un jeu de mots qui se perpétue.

Le mur dédoublé, en noir et blanc, du cliché double du théâtre antique (pour les besoins d’une vue stéréoscopique, en vogue au début du XXe s.), devient ici la muraille d’un paradis de fiction qu’évoquerait, comme une métonymie, l’arbre poussé sur la scène, comme le décor d’une représentation (qu’on peut imaginer) d’Hercule au jardin des Hespérides. La scène pastorale à l’oranger et au chien, immortalisée dans les années cinquante, figure l’attente d’une récolte encore fantasmée et donc toutes les rêveries qu’elle peut inspirer.

Le fruit qui s’offre à la main est précieux, tout le décor est sa mise en scène… l’histoire qui va se dérouler n’a toujours pas commencé pour nous. Comme au théâtre, et comme dans l’Arcadie provençale de Giono, où opère la magie des nectars, « le personnage porte dans la paume de sa main tous les jardins des Hespérides » — tous les rêves que l’art etl’artisanat donnent à approcher par la pensée. » F. C.

Ariane Carmignac est photographe et historienne de la photographie.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

error

Vous voulez nous aider ? Faites passer le mot...